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Abonnement ou propriété : ce que vous perdez en louant votre site web

Un site en abonnement s'arrête quand le paiement s'arrête. Voici les cinq clauses à vérifier dans votre contrat, et la procédure pour reprendre la main sans perdre votre référencement.

Abonnement ou propriété : ce que vous perdez en louant votre site web

Louer un site n'est pas louer un local

La comparaison avec un loyer commercial est trompeuse. Un local loué reste utilisable tant que le bail court, et le locataire y développe une clientèle qui lui appartient. Un site web loué, lui, disparaît le jour où le paiement cesse — et avec lui l'adresse que vos clients ont enregistrée, les pages indexées par Google et parfois les avis rattachés.

Ce n'est pas un argument contre tous les abonnements : la maintenance et l'hébergement ont un coût réel et récurrent. C'est un argument pour lire le contrat avant de signer.

Les cinq clauses à vérifier

1. Le titulaire du nom de domaine

C'est de loin le point le plus important. Le nom de domaine doit être enregistré à votre nom ou à celui de votre société, jamais au nom du prestataire.

Vous pouvez le vérifier vous-même en quelques secondes : recherchez « whois » suivi de votre nom de domaine. Si le titulaire affiché est votre prestataire, vous ne possédez pas votre adresse, et un départ implique de recommencer sur une adresse neuve — en perdant l'ancienneté acquise auprès de Google.

2. La propriété du site à l'issue du contrat

Cherchez la clause relative à la propriété intellectuelle. Trois formulations reviennent : le site reste la propriété du prestataire ; le site devient votre propriété au terme du contrat ; ou vous disposez d'une simple licence d'utilisation. Seule la deuxième vous laisse un site à la fin.

3. La durée et la reconduction

Les engagements de 12 à 48 mois sont courants, avec reconduction tacite. Notez la date d'échéance et le préavis — souvent trois mois. Un préavis manqué d'une semaine peut engager une année supplémentaire.

4. Le tarif des modifications

Si les modifications sont facturées à l'intervention, estimez leur fréquence réelle sur une année. Un commerçant modifie ses horaires, ses tarifs, ses photos plus souvent qu'il ne l'imagine. Additionnez : le coût annuel réel est souvent le double du montant affiché.

5. La restitution des contenus

Le contrat doit prévoir la remise de vos textes, photos et données à la fin. Sans cette clause, la récupération dépend de la bonne volonté du prestataire.

Ce que vous risquez concrètement de perdre

L'ancienneté du nom de domaine. Google accorde du poids à l'historique d'une adresse. Repartir sur un domaine neuf, c'est repartir de zéro sur ce critère précis, même avec un site mieux construit.

Les pages indexées. Chaque page référencée qui disparaît sans redirection devient une erreur, et le trafic correspondant s'évapore. Une redirection est simple à mettre en place — à condition de contrôler l'ancien domaine.

Les liens reçus. Annuaires, partenaires, fédérations professionnelles : ces liens pointent vers votre adresse actuelle. Changer d'adresse sans redirection les rend inopérants.

Les avis rattachés. Si votre fiche Google a été créée par le prestataire avec ses propres accès, la reprise en main demande une procédure de revendication auprès de Google, qui prend du temps.

La procédure pour reprendre la main

Dans l'ordre, et sans précipitation :

  1. Relevez l'échéance de votre contrat et le préavis exigé.
  2. Vérifiez le titulaire du nom de domaine avec une recherche whois.
  3. Réclamez par écrit vos textes, photos et accès. Un courriel daté vaut preuve.
  4. Faites transférer le domaine à votre nom s'il ne l'est pas. Cette étape peut prendre plusieurs jours et demande un code de transfert.
  5. Faites construire le nouveau site avant toute résiliation. Ne coupez jamais l'ancien avant que le nouveau soit prêt.
  6. Listez vos adresses de pages actuelles pour préparer les redirections.
  7. Basculez, puis vérifiez les redirections page par page.
  8. Résiliez dans les formes prévues, par lettre recommandée si le contrat l'exige.

L'erreur classique consiste à résilier d'abord et à chercher une solution ensuite. Entre les deux, le site est hors ligne, et la visibilité acquise se perd en quelques semaines.

Le bon réflexe avant de signer, quel que soit le prestataire

Posez cette question par écrit : « À l'issue du contrat, que reste-t-il en ma possession ? » La réponse, ou son absence, vous renseignera plus sûrement que n'importe quelle plaquette commerciale.

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